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Programme cinématographique 2008 |
En attendant Scrittorincittà…
Cinéma Monviso,14 via XX Settembre
entrée 3,50 €
Programme réalisé par Bruno Fornara avec la collaboration de Mattia Gerion.
lundi 10 novembre - 21h
GRIZZLY MAN
Réalisation: Werner Herzog
Scénario: Werner Herzog
Musiques: Richard Thompson
Photographie: Peter Zeitlinger
Montage: Joe Bini
Usa, 2005
Dans les profondeurs des songes humains se cache un fond d'absurdité. Et au sein de cette absurdité brûle un infime et inexorable délire : créer un nouveau monde, fonder une réalité extrême en dehors des règles et des limites imposées, un territoire dans lequel réel et imaginaire s'unissent si fortement qu'il devient impossible de les séparer. C'est exactement dans ce lieu que Werner Herzog a placé sa caméra depuis son premier long métrage (le prométhéen, l'étonnant Signe de Vie), filmant avec une fébrile ténacité et une ascétique ardeur les véritables paysages de l'âme. Enième incursion dans les territoires de la mégalomanie, Grizzly man ne fait pas exception, même si cette fois ce n'est pas le cinéaste allemand qui porte à la lumière des images jamais vues (comme il l'avait fait dans son précédent film, le magnifique The White Diamond), mais Timothy Treadwell, protagoniste du documentaire et auteur du délire vu précédemment. Durant treize ans, de 1991 à 2003, Treadwell a passé ses étés en Alaska en contact direct avec les gigantesques Grizzly, se convaincant progressivement d'être le défenseur de cette terre et des fameux ours qui, eux, n'avaient probablement pas besoin de lui. Ce que craignait Treadwell, n'était en fait qu'un danger inventer, une construction mentale qui répond à ses propres exigences, à la nécessité de donner un sens à sa vie. La création d'un monde imaginaire, pure invention Herzoghiene. Attention à la scène clé du film : une scène filmée à caméra fixe, le degré zéro du cinéma, mais ce qui compte réellement se trouve hors champ.
Une révolution copernicienne du cinéma.
mardi 11 novembre - 21h
DEAD MAN
 Réalisation: Jim Jarmusch
Acteurs: Alfred Molina, Billy Bob Thornton, Crispin Glover, Gabriel Byrne, Gary Farmer, John Hurt, Johnny Depp, Lance Henriksen, Michael Wincott, Robert Mitchum
Usa/All/Jap, 1995
Le mythe de la frontière revisité. Jarmush joue avec un genre fondateur de la mythologie américaine: l'épopée de l'Ouest mais surtout le voyage pour y parvenir. Le timide protagoniste, un Johnny Depp merveilleusement détaché, pense pouvoir trouver un emploi grâce à une annonce parue dans un journal et s'aventure vers l'Ouest.
La voie ferrée lui annonce déjà l'enfer qu'il vivra. Un enfer fait de symboles pas tant sociaux ou historiques comme déjà vu dans le célèbre désastre commercial « La porte du Paradis », mais purement existentiels et l'unique refuge à la mort sera la mort elle-même dans une nature panique, et justement dénaturée par un blanc et noir très épuré qui l'éloigne de « Feuilles d'herbes » de Whiteman. Dans le dernier voyage sur la barque à la dérive, l'écho des tirs et le riff hypnotique de Neil Young (compositeur de la bande son conçue en une unique session dans laquelle Young improvisa devant les images muettes du film) concluent l'histoire de notre surhomme malgré lui.
mercredi 12 novembre - 21h
SOLARIS
 Réalisation: Andrej Tarkovskij
Acteurs: Anatolij Solonicyn, Donatas Banionis, Jurij Jarvet, Natalja Bondarcuk, Nikolaj Grin'ko, Vladimir Dvorzeckij
Russie, 1971
Comme dans de nombreuses œuvres littéraires et cinématographique, l'intrigue du film tourne autour du problème de la “rencontre”. Respectant le roman de Lem, Tarkovskij montre comment l'homme peut rencontrer dans l'espace une intelligence différente, étrange, et comment il ne parvient pas à trouver un langage pour communiquer. Dans Solaris, l'homme se heurte à l'inconnu et se révèle non préparé psychologiquement à l'accueillir: la psyché humaine se modifie beaucoup plus lentement par rapport au développement des connaissances technico-scientifiques. Il se trouve dans une situation difficile, qui bouleverse ses certitudes et le pousse à des solutions extrêmes. Face à l'imprévu, qui brise sa vision rigidement égocentrique des choses, l'homme est contraint à méditer sur le rapport entre progrès technico-scientifique et maturation éthique et à s'interroger sans atermoiement sur la portée et la signification de l'exploration humaine dans l'espace. Au centre du film - thème dramatique dominant - il y a le problème de la responsabilité sociale et morale que la science et ses adeptes ont envers l'humanité.
jeudi 13 novembre - 21h
LA ligne rouge
 Réalisation: Terrence Malick
Acteurs: Adrien Brody, Ben Chaplin, Elias Koteas, George Clooney, James Caviezel, John C. Reilly, John Cusack, John Savage, John Travolta, Miranda Otto, Nick Nolte, Sean Penn, Woody Harrelson
Usa, 1998
Durant la seconde guerre mondiale, la compagnie Charlie des Marines est envoyée sur l'ile de Guadalcanal dans le Pacific Sud. Il faudra conquérir la zone au pied de la colline, là où les japonais ont établi un siège important; un combat sanglant sera inévitable… Ceci n'est que le fil rouge de Terrence Malick, le décor de son film qui débute à peine, splendide et enchanteur, sur l'image intense d'un alligator qui s'immerge dans le vert foncé d'un marécage, scène qui semble être le prélude d'une descente aux enfers, mais non.
Le protagoniste apparait ensuite à l'improviste, errant dans un paradis retrouvé: entre hommes, femmes et enfants dont le regard pourrait être celui d'êtres inexistants dans tout leur impalpable physique, peut être des anges du futur, libérés par la non-conscience. Puis, en fond, un navire de guerre sur la mer encore lisse et calme, sur ce navire d'autres hommes qui ressemblent, eux, à des hommes de l'antiquité suspendus au mythe d'Omer, ils arrivent dans la jungle qui engloutie désormais le gèle mécanique des armes. La symphonie de la douleur pensée, des paroles pensées, le dialogue des personnages se fait avec soi même, l'action ne distrait pas, c'est un voyage intérieur incessant à la recherche d'un sens, d'une force, de foi. Le soldat Bell croit en l'amour et n'a pas peur; il se réfugie dans le souvenir et dans le rêve de sa femme, images sereines, délicates comme le parfum qu'elles émanent. L'amour peut-il être le salut ? Le soldat Witt est le protagoniste, celui qui, au début, déambule au paradis et jure de l'avoir vu dans un autre monde, où les êtres dansent et ne meurent pas… Ce monde n'appartient pas au Sergent Major Welsh, lui n'a pas d'espoir, il sent et pressent une douleur trop grande pour y croire…Ou le Lieutenant Col.Tall qui tient des propos comme « J'ai travailler dur pendant vingt ans et j'ai lécher le cul à trop de monde, et j'ai eu quoi en retour ?». Lui ne se fait plus d'illusions pour le futur et n'éprouve désormais que de la colère.
Merci au Secteur Spectacles de la mairie de Coni.
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